Découvrir la teinture végétale


Cela faisait un petit moment que j’avais envie d’essayer… j’ai récemment découvert la teinture végétale ! Et j’ai trouvé ça magique 🥰
Le principe est très simple : utiliser des végétaux pour teindre naturellement des tissus. Cela peut même vous permettre de recycler des épluchures de cuisine ! 🌱

C’est vraiment une expérience accessible à tous, qui ne demande pas beaucoup de matériel. Une casserole, des tissus (chutes de tissus, vieux t-shirts), les végétaux qui vous tombent sous la main (des épluchures de cuisine, les plantes de votre jardin), du sel ou du vinaigre blanc pour le mordançage (je vous explique ce que c’est plus bas)… et le tour est joué. La palette de couleurs que l’on peut obtenir suivant les végétaux que l’on utilise est incroyable. Voici un petit aperçu des possibilités :

  • Pelures d’oignon jaune : orangé
  • Peaux et noyaux d’avocat, fleurs d’hibiscus, pelures d’oignon rouge, betterave : rosé
  • Feuilles de figuier, fanes de carotte, fleurs de souci, de pissenlit et de camomille : jaune
  • Fleurs de lavande : bleuté
  • Pensées, chou rouge : violet 🌈

Lucile, la créatrice de Haykou, a eu la gentillesse de m’envoyer une de ses box DIY sur le thème de la teinture végétale. Lucile est créatrice de vêtements (et de chouchous), et toutes ses pièces sont teintes grâce au pouvoir des plantes. Les couleurs et les motifs qu’elle obtient sont vraiment magnifiques ! Elle a récemment créé deux box DIY pour nous transmettre sa passion et nous faire découvrir deux techniques, le shibori, que j’ai testé, et l’écoprint 😊

J’ai immortalisé ce moment avec une petite vidéo que vous pourrez voir ici, si jamais ça vous intéresse.

Une chouette première expérience avec des pelures d’oignon jaune

J’ai testé de teindre un chouchou blanc en twill de soie avec des pelures d’oignon jaune, en utilisant la technique du shibori. Le shibori est une technique japonaise de teinture très ancienne. Shibori veut littéralement dire « serrer en tordant ». J’ai plié et noué mon chouchou à l’aide d’une corde avant de le plonger dans la teinture. Cela permet de créer de jolis motifs ! Plus vous serrez avec la corde, plus la surface teinte sera réduite, et inversement.

En parallèle, j’en ai profité pour faire quelques tests sur des chutes de tissus blancs en coton que j’avais mis de côté.

Bon à savoir : les tissus naturels sont les plus adaptés pour la teinture végétale (coton, lin, etc.).

Pour la teinture, j’ai utilisé des pelures d’oignon jaune. J’ai versé mes pelures dans une casserole d’eau que j’ai porté à ébullition. Laissez mijoter entre 30min et 1h. Plus vous laisserez longtemps sur le feu, plus la teinture sera foncée. Mes pelures d’oignon ont rapidement donné une belle couleur orange presque rouge.

J’ai ensuite filtré ma décoction pour enlever les morceaux de pelures. J’ai immergé mon chouchou dans le liquide et j’ai de nouveau laissé mijoter environ 30 min.

Vous pouvez également tester avec des pelures d’oignon rouge, la teinture sera légèrement différente, plus rosée !

Quand j’ai enlevé la corde, j’ai découvert un motif orangé juste sublime ! 💚 J’ai passé mon chouchou sous l’eau froide, et je l’ai fait sécher à l’air libre pour faire apparaître la couleur définitive. La teinte s’est progressivement éclaircie. Elle est devenue encore plus belle.

Le chouchou a préalablement été mordancé par Lucile avec de l’alun, ce qui permet de fixer la teinture. Mais il existe aussi des recettes de mordançage avec du sel ou du vinaigre blanc à diluer dans de l’eau, plus accessibles. Il suffit de donner un bain à vos tissus avant la teinture.

Si vous ne mordancez pas votre tissu, votre teinture risque d’être éphémère. J’ai testé sans sur mes chutes de tissus pour voir combien de temps la teinture allait tenir.

J’ai vraiment adoré cette expérience, ça m’a rendu un peu addict… J’ai envie de tester plein d’autres végétaux ! 😍

Petit entretien avec Lucile, la fondatrice de Haykou

  • Comment en es-tu venue aux teintures végétales ?

J’ai découvert la teinture végétale lors du salon de la soie à Lyon (Silk in Lyon), un des exposants utilisait cette technique et j’ai tout de suite eu un coup de cœur pour cette pratique ! Un véritable champs des possibles s’est ouvert à moi, le plaisir de créer mes propres coloris. Au départ j’ai aimé l’originalité de cette technique (qui est en fait une technique ancestrale) et j’ai tout de suite adhéré à la notion d’éco-responsabilité qu’il y avait derrière, j’aime le fait de teindre mes tissus uniquement avec ce que la nature nous offre.   

Par la suite j’ai fait quelques essais à la maison en autodidacte et comme je désirais en connaître plus sur la teinture végétale je suis allée faire un stage d’initiation chez Couleur Garance. Ce stage a été très formateur et m’a conforté dans mon envie de travailler avec le végétale. 

  • Quels tissus et végétaux préfères-tu travailler ? 

J’adore travailler la soie et notamment le satin de soie, pour moi c’est la fibre qui donne les meilleurs résultats  avec des couleurs très intenses. C’est aussi une matière noble qui possède de nombreuses vertus (thermorégulateur, anti-bactérien, anti-frisottis et non-absorbant). J’aime beaucoup travailler avec les peaux d’avocats et les pelures d’oignons mais aussi avec les fleurs en tout genre lorsque je fais de l’écoprint. L »indigo (Pastel des teinturiers) est également un colorant que j’aime expérimenter. 

  • Peux-tu nous parler de l’écoprint ? 

L’écoprint est une technique d’impression végétale. On vient disposer divers végétaux (fleurs, feuilles, etc..) sur notre tissu préalablement humidifié puis on le plie sur lui même et on le ficelle. On vient ensuite faire « cuire » notre tissu à la vapeur pendant 30 min à 1h.  Ensuite on déroule le tout et on admire notre création, magie garantie ! 

  • Une astuce à partager pour des teintures réussies ?  

Pour qu’une teinture soit réussie et tienne dans le temps (lavage et solidité à la lumière), l’étape cruciale est celle du mordançage. Le mordançage consiste à préparer les fibres à capter au mieux les colorants. Les techniques de mordançage sont diverses selon si l’on souhaite teindre des fibres animales (soie, laine) ou végétale (lin, coton), cependant la technique la plus courante est d’immerger le tissu à teindre dans un bain de sulfate d’alumine.

  • Une petite anecdote à partager avec nous ? 

La teinture végétale a quelque chose de magique mais on peut aussi avoir quelques déconvenues ! L’avantage c’est que l’on peut toujours retravailler notre teinture si le premier résultat ne nous plait pas et finalement cela nous aide à tester et découvrir de nouvelles choses ! 

Si vous voulez en découvrir davantage sur l’univers de Lucile, filez sur son site Internet Haykou ou sur son compte Instagram

J’espère que ce petit article vous aura plu et vous donnera envie de vous lancer ! 😌

Pour découvrir d’autres tutos, n’hésitez pas à consulter la rubrique DIY du blog.

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