Lutter contre les thrips


Maintenant que vous savez reconnaître les thrips sur vos plantes, comment s’en débarrasser ?

Les thrips peuvent engendrer de gros dégâts sur nos plantes, et même les faire mourir. Particulièrement tenaces, il est parfois difficile de s’en débarrasser pour de bon. Mais pas de panique, ne jetez pas vos plantes pour autant, il existe différentes solutions pour lutter contre ces vilaines bébêtes ! Lutte biologique, pièges collants, insecticides naturels et chimiques… je vous présente leurs avantages et les inconvénients.

Les premiers réflexes à adopter

Mettre les plantes infestées en quarantaine

Si vous repérez des thrips sur l’une de vos plantes, il est très important de la mettre en quarantaine pour éviter qu’ils infestent d’autres plantes ! Pour rappel, les thrips sont mobiles : ils marchent, sautent et volent. Par mesure de précaution, je vous conseille de mettre aussi en quarantaine les plantes qui se trouvaient à proximité. Le mieux est de pouvoir les installer dans une pièce à part. Lorsque j’avais eu une grosse infestation, les thrips s’étaient très rapidement répandus vers d’autres plantes. Bizarrement, certaines plantes avaient l’air plus à leur goût que d’autres. Sur une même étagère, certaines plantes ont été très abimées par les thrips, tandis que d’autres ont été laissées en paix 🤷🏻‍♀️

Doucher vos plantes

Autre bon réflexe, la douche ! Les thrips n’aimant pas l’humidité, je vous conseille de commencer par bien doucher vos plantes infestées. N’hésitez pas à masser doucement les feuilles avec vos doigts sous le jet d’eau pour enlever un maximum de larves. Vous pourrez ainsi contenir un minimum l’infestation. Attention à ne pas noyer vos plantes pour autant, il faudra se débrouiller pour ne pas détremper le terreau 😉

Les insecticides et leurs limites

Pour lutter contre les thrips, vous pourrez recourir aux insecticides naturels ou chimiques. Si vous avez un doute quant aux plantes infestées ou non, mieux vaut traiter toutes vos plantes en même temps. Si vous en oubliez, le cycle d’infestation risque de recommencer.

Face aux thrips, une première option est le savon noir. Chez moi, il n’a fonctionné que sur les plantes les moins atteintes. Diluez le savon noir dans de l’eau et vaporisez vos plantes avec (dessus et dessous les feuilles sans oublier les tiges).

Je sais que certains recommandent d’utiliser l’huile de neem, qui est un insecticide naturel. Personnellement, je n’ai pas testé car il s’agit d’un insecticide non autorisé en France (notamment parce qu’il est toxique pour les larves d’abeilles), même si elle reste vendue pour des usages cosmétiques.

Lorsque mes plantes étaient très infestées, j’ai déjà opté pour un insecticide bio à base de pyrèthre, qui a été efficace. Je l’ai appliqué en deux fois, avec une bonne semaine d’intervalle entre les traitements.

Vous pouvez aussi opter pour les pièges collants. Il s’agit de cartons englués à disposer dans vos plantes, conçus pour capturer les thrips adultes (mais pas les larves). Il existe des pièges chromatiques contre les thrips : les thrips seraient attirés par leur couleur bleue et se font piéger sur la surface collante. Je vous l’accorde, c’est pas très glamour. Vous pouvez les créer vous-mêmes plutôt que de les acheter.

Des limites à prendre en compte

Les insecticides présentent toutefois deux limites principales :

  • D’une part, les thrips développent de plus en plus des résistances aux insecticides, ce qui entame leur efficacité.
  • D’autre part, les insecticides ne sont pas sans conséquences sur l’environnement et sur votre santé. Pensez à bien regarder les étiquettes et les conseils d’utilisation. Les insecticides, et même les insecticides naturels comme le savon noir, ne font pas de distinction entre les « bons » et les « mauvais » insectes, les insectes indésirables et les insectes auxiliaires. Il faut également garder à l’esprit que l’usage des insecticides, même par les jardiniers amateurs, contribue à la pollution des cours d’eau et des nappes phréatiques. Par ailleurs, les insecticides ne doivent pas êtres utilisés à la légère au vu des dangers qu’ils peuvent représenter pour notre santé. C’est particulièrement le cas des insecticides chimiques. Mais le principe actif de l’huile de neem, insecticide naturel, est aussi reconnu comme un perturbateur endocrinien par exemple. Il est généralement conseillé de mettre des gants, d’aérer un maximum, et de se rincer après utilisation.

Lutter à l’aide des insectes prédateurs des thrips

Pour lutter naturellement contre les thrips, vous pouvez recourir à différents insectes auxiliaires qui sont leurs prédateurs. Ils se feront un festin de vous en débarrasser. Leurs actions étant complémentaires, vous pourrez les combiner selon vos besoins. La nature est bien faite, ils permettent de couvrir tous les stades de développement des thrips et d’enrayer ainsi leur reproduction.

Le traitement avec les insectes auxiliaires peut tout à fait s’effectuer sur vos plantes d’intérieur. Attention, si vous avez récemment utilisé des insecticides sur vos plantes, il faudra respecter une période d’attente avant d’introduire les insectes auxiliaires, sinon ils risquent d’en pâtir !

Si vous avez envie de tester la lutte biologique, vous pouvez bénéficier de 10% de réduction sur le site internet Biogrowi, une entreprise familiale belge spécialisée dans les insectes auxiliaires, avec le code affilié #TROQUETAPLANTE10 ! (N’oubliez pas le ‘#’ 😉 ). C’est grâce à eux que j’ai pu en apprendre plus sur le sujet !

Les nématodes

Les nématodes sont petits vers microscopiques, qui parasitent leurs hôtes et les éliminent. Elles sont à diluer dans l’eau. Humidifiez préalablement vos feuilles et votre terreau. Ensuite, à l’aide d’une solution bien concentrée en nématodes, vaporisez directement les feuilles de vos plantes pour combattre les larves de thrips. Diluez le reste dans davantage d’eau et arrosez le terreau de vos plantes afin de combattre les pupes de thrips qui peuvent y être présentes. Étant sensibles aux UV, le traitement à l’aide des nématodes doit être effectué le soir de préférence. Les nématodes appliquées sur les feuilles ne survivront que la nuit. Celles dans le terreau resteront actives jusqu’à maximum 6 semaines s’il est gardé humide. 

L’application foliaire des nématodes permet de réduire grandement le nombre de larves de thrips, mais ne permet généralement pas de les éliminer complètement. De ce fait, il est recommandé de compléter l’usage des nématodes avec l’usage des acariens ou des punaises prédateurs, dont je vous parle par la suite. Ces derniers peuvent être introduits quelques heures après l’application des nématodes. 

Les acariens cucumeris

Prédateurs des thrips, les acariens cucumeris mangent leurs œufs et leurs larves dans les premiers stades de développement (mais pas les adultes). Ils sont particulièrement adaptés si vous voyez beaucoup de larves de thrips sur vos plantes, mais peu de thrips adultes (qu’il faudra enlever manuellement).

Les acariens cucumeris adultes sont conditionnés dans un tube, dont le contenu est à saupoudrer en tas sur les feuilles de vos plantes. Si vos feuilles sont trop petites, vous pouvez utiliser des petites boîtes à suspendre. Les acariens prédateurs vont immédiatement parcourir les feuilles de vos plantes à la recherche d’oeufs et de larves de thrips pour les manger. Ils ne mangent que quelques larves par jour, c’est pourquoi il est important de les utiliser en grand nombre. Leur durée de vie est d’environ 3 semaines. 

Les sachets de reproduction contiennent des acariens cucumeris à différents stades de développement : œufs, nymphes, acariens adultes. Il suffit d’accrocher un sachet par plante ou par m2 si les plantes sont jointives. Les acariens sortent graduellement des sachets 7 à 10 jours après leur mise en place, et ce pendant 4 à 5 semaines. Cela vous permet ainsi d’étaler le traitement dans le temps. Un taux d’humidité élevé favorise leur sortie des sachets. 

Les acariens adultes et les sachets de reproduction sont à utiliser de façon complémentaire. Si vos plantes sont très infestées par les thrips, les sachets de reproduction seuls ne permettront pas une présence suffisamment importante d’acariens prédateurs pour résoudre le problème. A l’inverse, si vous utilisez des acariens adultes mais pas de sachets de reproduction, le risque est de voir réapparaître des thrips après la disparition des acariens (après 2 à 3 semaines), car le cycle de vie des thrips est très long. Ainsi, l’utilisation combinée des acariens adultes et des sachets de reproduction permet de garantir la présence d’acariens sur vos plantes pendant une longue période et d’enrayer le cycle d’infestation des thrips. 

Il est toutefois possible d’utiliser les sachets de reproduction seuls de façon préventive (pour prévenir l’apparition de thrips sur vos plantes saines) ou dans le cas d’une infestation très légère 💪🏻🌱

Les punaises Orius

Contrairement aux acariens cucumeris, les punaises Orius mangent les thrips à tous leurs stades de croissance, y compris les adultes ! C’est d’ailleurs le seul ennemi naturel des thrips adultes. Elles sont utiles si vous avez beaucoup de thrips adultes sur vos plantes. Elles sont ainsi complémentaires des acariens cucumeris.

Il est bon de savoir que les punaises Orius tuent aussi les pucerons, les tétranyques et les aleurodes.

Les punaises Orius sont conditionnées dans un tube, dont le contenu est à saupoudrer en petits tas sur les feuilles des plantes ou dans des boîtes à suspendre. Il est nécessaire de regrouper les plantes infestées ensemble. Le traitement doit être effectué de préférence le soir, sans lumière, pour qu’elles restent bien en place sur les plantes.


Les punaises Orius sont aveugles, et trouvent leur proie à la palpation. Elles sont plus mobiles que les acariens cucumeris. Elles peuvent sauter ou voler vers une autre source de nourriture lorsqu’elles ne trouvent pas à manger.

Si vous êtes un peu réticents à l’idée d’introduire des insectes chez vous, sachez que les acariens prédateurs font entre 0,3 et 0,6 mm, ils sont à peines visibles à l’oeil nu. Les punaises Orius sont un petit peu plus grandes, mais restent toutes petites. Il est bon de noter que ces punaises peuvent piquer, même si cela arrive rarement. Ces insectes auxiliaires ne sont pas invasifs, leur population s’équilibre au fil du temps et ils finissent par disparaître de vos plantes. 

J’espère que ce petit article aura pu vous aider ! Les thrips peuvent être de véritables plaies… plein de patience et de courage si vous êtes en train de les combattre !

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17 Commentaires

  1. Hello ! Super intéressant ton article ! Quelle est la référence de ton insecticide stp ? 😘 merci !

      1. C’est en cours…. première attaque de thrips que je subi et j’ai l’impression que ça réduit bien leur développement

  2. Hello merci pour cet article ! Un an de thrips , j’ai essayer insecticide, savon noir et même tous les insectes auxiliaires possibles mais ils sont tjrs la. Je vais tenter l’insecticide solabiol s’il a marcher pour toi… faut il rincer les feuilles après l’application du produit ? Si oui faut il attendre pour le faire ? Merci!

    1. Hello, non il n’est pas nécessaire de rincer 🙂 pfiou tu n’as pas de chances… n’hésite pas à traiter toutes tes plantes d’un coup si tu n’arrives pas à t’en débarrasser depuis tout ce temps, pour éviter des dynamiques de recontamination !

  3. J’ajouterai qu’il faut bien traiter les feuilles mais aussi et surtout les tiges, car j’ai remarqué que, même si pas de thrips sur les feuilles, il y en avait dans le creux de la base de la tige (monstera, alocasia)!

    1. Bonjour, alors connaissant ma première attaque de thrips depuis un mois et sans arriver à m’en sortir avec le savon noir j’ai acheté ce matin même le solabiol, est ce que je peux l’utiliser en prévention sur des plantes proches de celles qui ont eu des thrips ? Merci par avance 🙂

      1. Hello ! Disons que si tu traites toutes tes plantes en même temps (celles pour lesquelles tu es sûre qu’elles sont contaminées et celles qui se trouvaient à côté), tu es sûre de tout éliminer d’un coup, et de ne pas passer à côté d’éventuels thrips restés bien cachés haha

  4. Je suis passée par là avec mon monstera de 7 ans que j’adorais et que je n’ai pas pu sauver car il été devenu sacrément moche malgré ts les soins (pièges gluants, insecticide, et vaporisation des feuilles 2 x semaine😤😤🙄😑
    Enfin j ai taillé ce qui restait de sains, hop dans l’eau d’un vase et 2 mois apres plein de racines et même des nouvelles pousses🤗🤗
    J ai alors acheté un petit monstera en supermarché pas cher et hop depuis hier tout le monde compose ensembles😋😆😆alors les THRIPS restons vigilants!!!😨😰😵😵😵

  5. Super intéressant je cherchais par hasard un article sur les thrips et je suis tombée ici! Merci beaucoup!

  6. Comme promis, cet article est super intéressant et utile ! J’ai pris le petit kit dont tu as parlé sur instagram et j’espère que ce dernier va enfin me débarrasser de ces saletés…. merci beaucoup 😊

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